Fortune Éric Larchevêque : Richesse et parcours

| Idées principales | Détails |
|---|---|
| 🎓 Parcours d’entrepreneur en série | Changer de projet tous les 5 ans quand l’ennui pointe. |
| 💰 Succès commerciaux précoces | Montorgueil SAS revendue 22 millions d’euros en 2007. |
| 🔐 Cofondateur de Ledger | Créer une licorne française sécurisant 22% des bitcoins. |
| 💵 Fortune estimée à 350-400 millions | Classé 320e fortune française en 2025 selon Challenges. |
| 🎯 Convictions libertariennes affirmées | S’inspirer de Friedrich Hayek et investir territorialement. |
| 📺 Investisseur médiatisé | Remplacer Marc Simoncini dans Qui veut être mon associé ? |
| 🪙 The Bitcoin Society lancée en 2025 | Créer une bitcoin treasury company avec Tony Parker. |
| 🌾 Discrétion personnelle assumée | Résider à Neuvy-sur-Barangeon, village de 1 000 habitants. |
Né le 30 septembre 1973 à Boulogne-Billancourt, Éric Larchevêque a grandi à Vierzon dans le Cher, fils d’André Larchevêque porcelainier et d’Annie Dolbeau danseuse et actrice.
Un profil familial atypique, qui explique peut-être cette capacité à passer d’un univers à l’autre sans jamais sembler perdu.
Diplômé en 1996 de l’ESIEE Paris en conception des architectures de l’information, il enchaîne les projets avec une régularité de métronome : environ tous les cinq ans, il change de cap, dès que l’ennui pointe ou qu’il sent ne plus apporter de valeur. Selon Challenges, sa fortune est estimée à 340 millions d’euros en 2024, le classant 392e fortune française. Voilà un parcours qui mérite qu’on y regarde de plus près.
🚀 D’entrepreneur en série à cofondateur de Ledger
Dès 1996, Éric Larchevêque lance France Cybermedia, une société de conception et d’hébergement de sites web. Deux ans plus tard, il crée Montorgueil SAS, spécialisée dans les sites de rencontre pour adultes, la monétisation de contenu et les systèmes d’affiliation. L’affaire tourne bien : la société est revendue en 2007 à Rentabiliweb pour 22 millions d’euros selon la source principale, certains avancent 25 millions. Pas mal pour un gars qui venait, selon ses propres mots, « de la campagne et ne ressemblait à rien ».
Parallèlement, il s’expatrie en Roumanie en 2002 pour fonder une plateforme offshore de développement et investit dans l’immobilier. En 2008, il ouvre le Dodo Hôtel à Riga en Lettonie, une centaine de chambres. Entre deux, il se frotte au poker professionnel à niveau international jusqu’en 2009-2010. En 2011, retour à l’entrepreneuriat pur avec Prixing, un comparateur de prix ayant levé 1,75 million d’euros auprès de SPIR Communications et revendu au groupe HighCo en 2013-2014.
L’étape décisive arrive en 2014. Il cofonde Ledger avec Nicolas Bacca et Joël Pobeda, pour créer des portefeuilles physiques sécurisés pour crypto-actifs. Pour être précis sur le rôle exact du fondateur de Ledger, Éric Larchevêque positionne l’entreprise sur un marché alors quasi inexistant. L’ambition initiale : vendre 60 000 appareils. Résultat en 2017 : 1 million de portefeuilles vendus sur la seule année du lancement. Ledger sécurise aujourd’hui 22 % de tous les bitcoins en circulation, est présente dans 200 pays et a levé près de 500 millions d’euros depuis sa création, dont 380 millions d’euros lors d’une seule opération en 2021, valorisant l’entreprise à plus de 1,5 milliard de dollars et lui offrant le statut de licorne française.

| Entreprise | Année | Secteur | Résultat |
|---|---|---|---|
| 🏗️ France Cybermedia | 1996 | Web | Premier projet digital |
| 💰 Montorgueil SAS | 1998 | Contenus adultes / affiliation | Revendu 22 M€ en 2007 |
| 🏨 Dodo Hôtel | 2008 | Hôtellerie (Riga) | ~100 chambres |
| 🔍 Prixing | 2011 | Comparateur de prix | Cédé à HighCo (2013-2014) |
| 🔐 Ledger | 2014 | Sécurité crypto | Licorne à 1,5 Md$ |
En mai 2019, il cède la direction opérationnelle à Pascal Gauthier tout en restant président du conseil de surveillance. La même logique que pour ses projets précédents : passer la main quand les fondations sont solides, pas quand ça part en vrille.
💼 La fortune d’Éric Larchevêque : Chiffres, controverses et convictions
Selon Challenges, la richesse d’Éric Larchevêque oscille entre 350 et 400 millions d’euros, un niveau stable depuis plusieurs années, le plaçant autour de la 320e place du palmarès des grandes fortunes françaises en 2025. L’essentiel provient de sa participation dans Ledger, complétée par ses activités de business angel dans des entreprises comme Alan (assurance santé digitale), Ramify (fintech), Woleet (notariat blockchain) ou encore Constant & Zoé (vêtements inclusifs). Pour voir à quoi ressemble une fortune bâtie sur un écosystème comparable, la fortune de Marc Simoncini offre un parallèle intéressant dans l’entrepreneuriat tech français.
Mais cette richesse soulève un paradoxe bien réel. Face à la taxe portée par l’économiste Gabriel Zucman, qui prévoit un prélèvement de 2 % par an sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, Éric Larchevêque chiffre sa facture hypothétique à 7 millions d’euros annuels. Il précise que son patrimoine est virtuellement illiquide : des actions Ledger non cotées, impossibles à vendre sans décote, pour un revenu annuel effectif de zéro euro (pas de dividendes). Lors d’une cession de titres en 2021, il a pourtant payé environ 10 millions d’euros de flat tax. Difficile d’accuser quelqu’un qui a réglé dix millions d’un coup d’optimisation fiscale agressive, il faut le reconnaître.
Ses convictions s’inscrivent clairement dans une ligne libertarienne assumée, proche de Friedrich Hayek et de son ouvrage La route de la servitude. Il investit également dans des projets de territoire : le fonds de dotation FEIL créé en 2021 avec son épouse finance des projets éducatifs en Centre-Val de Loire, et l’incubateur B³ Village by CA a vu le jour à Vierzon avec le Crédit agricole Centre Loire. Dommage que l’école ALGOSUP, cofondée en février 2022 pour former des développeurs BAC+5, n’ait pas tenu : elle ferme ses portes en juillet 2025 faute d’équilibre financier.
Il siège aussi depuis 2020 comme investisseur dans Qui veut être mon associé ? sur M6, après avoir étudié plus de 200 épisodes d’émissions similaires avant de remplacer Marc Simoncini. Il participe à la moitié des émissions de la première saison, reconduit en titulaire pour la deuxième, puis présent lors de la saison 6 en 2026. Pour en savoir plus sur un autre investisseur aux parcours houleux dans l’écosystème startup français, la fortune d’Oussama Ammar illustre à quel point les trajectoires peuvent diverger.
🔮 The Bitcoin Society et la prochaine transformation
Fin 2025, Éric Larchevêque ne ralentit pas. Avec Tony Parker et Nathan Benchimol, il rachète à Unibail-Rodamco-Westfield la Société de Tayninh, une coquille cotée sur Euronext. Le 24 novembre 2025, la nouvelle orientation est annoncée : The Bitcoin Society (TBSO) devient une bitcoin treasury company combinant investissement en bitcoins, le SKL Club d’entrepreneurs et une « network society » à coloration libertarienne, avec un regard tourné vers l’élection présidentielle française de 2027.
Éric Larchevêque se définit comme un homme basique, peu ostentatoire, résidant à Neuvy-sur-Barangeon, village de quelque 1 000 habitants en Sologne, à 200 kilomètres de Paris. Il estime que 80 % de la réussite repose sur les porteurs du projet, pas sur l’idée. Ce principe guide chacune de ses décisions d’investisseur. Il a publié trois ouvrages, dont Entreprendre pour être libre chez M6 Éditions en 2024 et La stratégie Bitcoin chez Michel Lafon en 2026. Sa prochaine transformation ? Elle est probablement déjà en cours.
